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Sphère publique à infrastructure médiatisée

Première réaction à l’article Michelle Blanc sur son blog suite à une lecture faite il y a un moment sur le site de Danah Boyd. Je consulte régulièrement les articles de madame Blanc et suis habituellement étonné de la complétude de ses analyses, cependant cette fois, je reste sur ma faim. Aie !


Madame Blanc y dresse un parallèle très parlant le couple téléphone-télévision et facebook-internet. Certes ces derniers sont les successeurs des premier, et bien entendu je partage l’opinion que diaboliser n’a pas de sens (voire même sera contre-productif). Il me semble par ailleurs qu’un des commentaire de cet article est plein de bon sens :
1 – Si tu n’as rien à dire de gentil, ne dis rien! En bref, aucun bitchage n’est toléré, sous peine de devoir s’excuser à la personne par le même média et de retirer les commentaires faits.
2- Aucune médisance sur sa propre personne n’est toléré, si qqn t’écrit qqc de méchant sur ton mur, tu l’enlèves illico de tes amis.
3- Aucun inconnu accepté dans le réseau.”.


Il y a cependant une différence qui me semble essentielle entre les réseaux sociaux et le téléphone : le coté public des réseaux sociaux (“sphère publique à infrastructure  médiatisée, pour reprendre la terminologie de madame Boyd.)  Le téléphone relevait à l’époque de notre adolescence de la sphère privée. C’était une conversation point à point, sans personne d’autre pour écouter. Du fait de leur caractéristique publique les réseaux sociaux sont loin de cela.

Par ailleurs notre conversation n’était pas susceptible d’être enregistrée, et donc pas fouillée a posteriori, alors que l’un des aspect fondamentaux des réseaux sociaux est la persistance des discussions. Les conséquences à long terme de notre conversation facebookienne sont donc plus compliquées à évaluer que celle de notre coup de téléphone.


La véritable question (et, je l’espère la crainte des parents) n’est pas l’évolution de la technologie mais la différence de portée des actes des enfant et ados, beaucoup plus globale sur les réseaux sociaux qu’elle ne l’était au téléphone ou dans les séances de shopping.
Dans les réseaux sociaux nos jeunes se mettent en scène comme ils le font au lycée (15 à 18 ans) voire même avant. Ils trainent, papotent….bref se sociabilisent. Mais gardons en mémoire néanmoins que nos personnalités ne se sont pas construites au vu et su  de tous, à chaque instant, comme c’est le cas aujourd’hui. C’est en cela que le commentaire au post de Mme Blanc me paraît sage : il faut apprendre à nos enfants a faire supporter les conséquences de ce qu’ils disent et à faire le tri des propos qui les concernent. La seule analogie qui me vient est celle des enfants stars, exposés très tôt au regard du public. Ou celle d’ailleurs d’adultes catapultés du jour au lendemain au statut de star/célébrité (reality show par exemple). Il leur faut un réel accompagnement pour apprendre à gérer cette exposition et ses conséquences.


Faut il cependant diaboliser les réseaux sociaux : NON évidemment. Il faut accompagner et expliquer. Pour cela il faut que le parents comprennent les enjeux et surtout les règles des ces espaces, ce qui me semble être un enjeux plus ardu que le défi lancé à  nos ados. Ces derniers sont nés dans un monde complètement digital et pervasif, et il me semble que notre devoir est davantage de leur faire appréhender le lien entre ce monde et celui des générations précédentes, de juger des conséquences que leur vie publique numérique,  aura sur leur vie (tout court).

Dailymotion condamné mais conforté

7c41b8179bbe72cdffedb881ecf7ac9a Dailymotion condamné mais confortéLe site de partage de vidéos a été condamné à 30 000 euros d’amende par le tribunal de grande instance de Paris, pour ne pas avoir retiré suffisamment rapidement de sa plate-forme une vidéo présentant des extraits d’un film, et surtout, empêché leur réapparition.
blankpix1 Dailymotion condamné mais conforté
Si le TGI de Paris  a estimé que Dailymotion n’avait pas accompli les ” diligences nécessaires en vue de retirer promptement et de rendre impossible une nouvelle mise en ligne du film Sheitan signalé comme illicite “, il faut retenir que le  statut d’hébergeur des plateformes communautaire est ainsi conforté. Ces dernieres ne sont pas responsables du contenu qu’elles présentent. Leur responsabilité s’arretent à la mise en place de moyens efficaces et suffisants permettant de retirer les contenus illicites.
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Ce jugement n’intervient pas seul, puisque le 14 Avril dernier Dailymotion avait déjà été sanctionné suite à une plainte d’Omar et Fred pour avoir manqué à « à son obligation de retirer promptement du site les contenus illicites ou de leur en interdire l’accès ». La justice avait soulevé le fait que l’identification des ressources illicites aurait dû être assurée par la plateforme seule sans que les plaignants n’aient eu à coopérer.
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fd19a3f09bbf18a1ba482aa89853ff7c Dailymotion condamné mais confortéLa cour reconnaît par ces décisions que l’hébergeur fournit un service essentiellement technique de mise en ligne alors que l’éditeur a une intention de publication (choix des sources, assemblage et évaluation des informations). La justice a essentiellement pris Dailymotion en défaut pour ne pas avoir empêché des extraits de DVD de réapparaitre après l’assignation d’Ormar et Fred. Les dispositifs de dailymotion (on pense en particulier à la signature electronique mis en place avec le concours de l’INA) auraient du suffire à cette mission.
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Ce jugement renforce néanmoins la reconnaissance de son statut d’hébergeur. Cette décision semble donc être en passe de faire jurisprudence pour toutes les plateformes de réseaux sociaux. Il faut noter que cette décision est en contradiction avec celle de la cour de cassation qui avait jugé en Janvier 2010 que Tiscali était reponsable des contenus qu’il héberge (contrefacon de bande dessinée), qui semble dès lors en passe de devenir caduque.
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Si Dailymotion était en 2009 le 42eme site mondial en terme d’audience avec 55 millions de visiteurs uniques, Facebook est fréquenté par 540 millions de personnes chaque mois, soit un peu plus de 35% des internautes. Outre les problématiques techniques de filtrage des contenus (par modération humaine, communautaire ou par signature numérique), on comprend que ces batailles sur la responsabilité des plateformes sociales est d’une importance capitale dans le monde des média.

Evolution de l’utilisation des réseaux sociaux

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Répartition des utilisateurs par réseau social  SNS en aout 2009 :

  • 73% un un compte Facebook
  • 48% ont un profil MySpace
  • 14% ont un compte LinkedIn
  • 1% sur chacun de Yahoo, YouTube, Tagged, Flickr and Classmates.com
  • 10-12% sont sur d’autres sites tels que Bebo, Last.FM, Digg, Blackplanet, Orkut, Hi5 et Match.com

L’étude releve qu’en 2005 la proportion de gens diplomé sur les réseaux sociaux était supérieure de 10 points à celle sur internet, et que la proportion de citadins sur les réseaux sociaux était supérieure de 9 points à celle de l’internet dans sa totalité. Enfin 75% des utilisateurs de réseaux sociaux ont moins de 45 ans. Ces différence ont été effacées en 2009, tant concernant le rapport citadins/ruraux que concernant les niveaux d’éducation.  Le différences sont maintenant plus proche de 3 points.

Il y a dorénavant plus de femmes que d’homme sur les sites de réseaux sociaux (confirmé par l’étude de  …).

Le ratio de personne âgées de moins de 45 ans est maintenant de 79%, et les jeunes adultes y sont sur-représentés.

La consumérisation

La consumérisation de la technologie est un néologisme décrivant la tendance des sociétés de technologies à cibler le marché personnel avant le marché professionnel lors des developpements de leurs nouveaux produits. Il en résulte un changement des équilibres entre les environnements domestiques et les environnement professionnels. En effet, aujourd’hui, les équipements personnels de beaucoup de consommateurs leur offrent plus de possibilité que ce que leur permet leur environnement informatique professionnel.

Ce terme a été popularisé par John Taylor et Douglas Neal du CSC’s Leading Edge Forum. Il est l’un des vecteurs majeurs de transformation du Web 2.0.

Les 20 ans d’innovation a venir

Je reprends ici un article posté en Novembre 2009 par Martin DUURSMA, Vice Président de Citrix Labs et de de la “Chair of the Citrix CTO Office”. Il ne s’agit pas que d’une traduction dans le sens ou je résume également l’article, sans en déformer je l’espère le propos.

Il y a 20 on pensait que le futur de l’IT résiderait dans la standardisation des pratiques de développement logiciel et dans la programmation en langage naturel. Bien peu de personnes prêtaient attention à l’émergence des technologies de communication en ligne, alors que ces dernières ont transformé notre monde en devenant ce que nous appelons aujourd’hui Internet. Ce manque de vision vient probablement de la propension naturelle des techniciens et ingénieurs à se concentrer sur les technologies (comment faire plus puissant, plus rapide) alors que ces questions de spécification techniques ne sont pas seules au  cœur du problème. En prenant un peu de recul sur les outils que nous créons mais également sur l’usage qui en est fait, il apparait que le prochain défi de l’innovation IT est l’interface homme-machine : transformer la puissance brute afin d’en permettre une meilleure intégration dans les vies et le travail des utilisateurs.

Des machines qui écoutent
Le clavier est considéré comme allant de soi et efficace, mais ce dernier est assez peu intuitif. Cet appareil a été inventé en 1874 et continue à limiter les utilisateurs. En effet, il n’y a aucune relation entre la vitesse de pensée et la vitesse de frappe. Les systèmes de reconnaissance vocale font l’objet de recherches depuis de nombreuses années, cependant même leur introduction récente dans les terminaux mobiles ne marquent toujours pas une adoption massive. Lorsque les évolutions issues des recherches auront été implémentées et adoptées, le champ de leur usage s’accroitra de bien des manières.

De la souris au multi-touch
Après le clavier, il est naturel de se tourner vers ce mécanisme de pointage inventé  en 1968 par Douglas Engelbart du Stanford Research Institute. Ce dispositif qui a permis ne grande avancée dans le monde des interfaces homme-machine, n’est cependant pas aussi intuitif qu’on a l’habitude de le penser. En effet, il oblige à coordonner les mouvements d’un dispositif à coté de l’ordinateur, alors que le mouvement se fait sur l’écran. Le touchpad n’est pas plus aisé à utiliser, il est assez peu précis et trop facilement touché par inadvertance. La réelle innovation dans ce domaine est l’essor des écrans tactiles (touch et multi touch) popularisés par l’iPhone et maintenant l’iPad. Cette idée est fondamentalement plus intuitive dans le sens ou il est possible pointer sans intermédiaire (stylet), la chose-même qui vous intéresse (sur l’écran), comme on montrerait du doigt dans la “vraie vie”. Cette évolution est d’une magnitude aussi importante que l’informatique en langage naturel.

Retisser les liens sociaux distendus
L’une des plus grandes évolutions de ces dernières années a été la mobilité : permettre à chacun de travailler d’où et quand il le souhaite. De cette évolution découle le fait que tout peut être décentralisé, et que les sociétés n’ont plus besoin de siège (quartier général). Et pourtant ces derniers existent toujours et nous continuons à aller tous les jours au travail. Tout simplement parce que l’aspect technologique n’est pas, loin s’en faut, le seul qui compte. Une très grande partie de la communication humaine est non verbale (langage du corps, expression faciales…). Une grande partie des découvertes est faite par hasard, grâce aux interactions entre les collaborateurs au sein d’un même bureau. Ce type de contacts informels et de contacts non structurés aide les individus à travailler ensemble de manière plus efficace en renforçant les liens interpersonnels, la culture d’entreprise et l’esprit d’équipe. Cela réaffirme la notion de but commun.

Par le développement actuel de la mobilité nous sommes en train de créer une génération de personne qui travaillent de manière isolée ne développent pas les compétences nécessaires à la mise en place d’un lieu de travail efficace.
Notre challenge pour les 20 années à venir sera donc de recréer ces moments d’interaction de vis-à-vis, quel que soit l’éloignement  entre les collaborateurs. Les réseaux, qui sont déjà en train de s’établir au sein des entreprises, comme ils l’ont fait dans la sphère privée permettent de renouveler les moyens de partager l’information et d’entrer en relation, afin d’amplifier la notion de collaboration, au point de la réelle collaboration physique.