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Les 20 ans d’innovation a venir

Je reprends ici un article posté en Novembre 2009 par Martin DUURSMA, Vice Président de Citrix Labs et de de la “Chair of the Citrix CTO Office”. Il ne s’agit pas que d’une traduction dans le sens ou je résume également l’article, sans en déformer je l’espère le propos.

Il y a 20 on pensait que le futur de l’IT résiderait dans la standardisation des pratiques de développement logiciel et dans la programmation en langage naturel. Bien peu de personnes prêtaient attention à l’émergence des technologies de communication en ligne, alors que ces dernières ont transformé notre monde en devenant ce que nous appelons aujourd’hui Internet. Ce manque de vision vient probablement de la propension naturelle des techniciens et ingénieurs à se concentrer sur les technologies (comment faire plus puissant, plus rapide) alors que ces questions de spécification techniques ne sont pas seules au  cœur du problème. En prenant un peu de recul sur les outils que nous créons mais également sur l’usage qui en est fait, il apparait que le prochain défi de l’innovation IT est l’interface homme-machine : transformer la puissance brute afin d’en permettre une meilleure intégration dans les vies et le travail des utilisateurs.

Des machines qui écoutent
Le clavier est considéré comme allant de soi et efficace, mais ce dernier est assez peu intuitif. Cet appareil a été inventé en 1874 et continue à limiter les utilisateurs. En effet, il n’y a aucune relation entre la vitesse de pensée et la vitesse de frappe. Les systèmes de reconnaissance vocale font l’objet de recherches depuis de nombreuses années, cependant même leur introduction récente dans les terminaux mobiles ne marquent toujours pas une adoption massive. Lorsque les évolutions issues des recherches auront été implémentées et adoptées, le champ de leur usage s’accroitra de bien des manières.

De la souris au multi-touch
Après le clavier, il est naturel de se tourner vers ce mécanisme de pointage inventé  en 1968 par Douglas Engelbart du Stanford Research Institute. Ce dispositif qui a permis ne grande avancée dans le monde des interfaces homme-machine, n’est cependant pas aussi intuitif qu’on a l’habitude de le penser. En effet, il oblige à coordonner les mouvements d’un dispositif à coté de l’ordinateur, alors que le mouvement se fait sur l’écran. Le touchpad n’est pas plus aisé à utiliser, il est assez peu précis et trop facilement touché par inadvertance. La réelle innovation dans ce domaine est l’essor des écrans tactiles (touch et multi touch) popularisés par l’iPhone et maintenant l’iPad. Cette idée est fondamentalement plus intuitive dans le sens ou il est possible pointer sans intermédiaire (stylet), la chose-même qui vous intéresse (sur l’écran), comme on montrerait du doigt dans la “vraie vie”. Cette évolution est d’une magnitude aussi importante que l’informatique en langage naturel.

Retisser les liens sociaux distendus
L’une des plus grandes évolutions de ces dernières années a été la mobilité : permettre à chacun de travailler d’où et quand il le souhaite. De cette évolution découle le fait que tout peut être décentralisé, et que les sociétés n’ont plus besoin de siège (quartier général). Et pourtant ces derniers existent toujours et nous continuons à aller tous les jours au travail. Tout simplement parce que l’aspect technologique n’est pas, loin s’en faut, le seul qui compte. Une très grande partie de la communication humaine est non verbale (langage du corps, expression faciales…). Une grande partie des découvertes est faite par hasard, grâce aux interactions entre les collaborateurs au sein d’un même bureau. Ce type de contacts informels et de contacts non structurés aide les individus à travailler ensemble de manière plus efficace en renforçant les liens interpersonnels, la culture d’entreprise et l’esprit d’équipe. Cela réaffirme la notion de but commun.

Par le développement actuel de la mobilité nous sommes en train de créer une génération de personne qui travaillent de manière isolée ne développent pas les compétences nécessaires à la mise en place d’un lieu de travail efficace.
Notre challenge pour les 20 années à venir sera donc de recréer ces moments d’interaction de vis-à-vis, quel que soit l’éloignement  entre les collaborateurs. Les réseaux, qui sont déjà en train de s’établir au sein des entreprises, comme ils l’ont fait dans la sphère privée permettent de renouveler les moyens de partager l’information et d’entrer en relation, afin d’amplifier la notion de collaboration, au point de la réelle collaboration physique.